
Il y a des audiences oĂč tout arrive trop vite.
Trop vite pour la victime, qui nâa pas encore eu le temps de comprendre ce qui vient de lui arriver.
Trop vite pour le corps, qui porte encore les traces des coups.
Trop vite pour lâesprit, qui tente seulement de remettre de lâordre dans la peur.
Et pourtant, il faut dĂ©jĂ aller Ă lâaudience.
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Dans ce dossier relaté par La Voix du Nord, un médecin comparaissait devant le tribunal correctionnel de Lille pour des faits de violences conjugales, dans un contexte de consommation de stupéfiants.
Lâaffaire avait dâabord Ă©tĂ© ouverte sous la qualification de tentative de meurtre, avant dâĂȘtre jugĂ©e sous celle de violences aggravĂ©es.
La victime décrivait notamment :
Des coups au visage.Un traumatisme crĂąnien.Une perte de sang importante.Des Ă©pisodes dâĂ©tranglement et de suffocation.
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Elle a senti la vie se réduire à une seule urgence : reprendre son souffle.
Elle est parvenue à se dégager en simulant un évanouissement et a prisl a fuite, pieds nus, dans la rue.
Deux jeunes passants en voiture se sont arrĂȘtĂ©s.
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Dans ce dossier, le prévenu reconnaissait une partie des faits.
Juste assez pour paraĂźtre raisonnable.
Mais pas assez pour reconnaßtre ce qui faisait la gravité de la scÚne.
Il admettait le premier coup, tout en minimisant la suite, et contestait les faits les plus graves.
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Il a donc fallu reprendre le dossier, piĂšce par piĂšce : la chronologie, les blessures, les traces de sang, la fuite, le tĂ©lĂ©phone arrachĂ©, lâappartement retournĂ©, les tĂ©moignages, les messages et les contradictions.
Tout ce qui, sĂ©parĂ©ment, pouvait sembler nâĂȘtre quâun dĂ©tail.
Tout ce qui, mis bout Ă bout, permettait de comprendre que lâaffaire ne pouvait pas ĂȘtre rĂ©duite Ă une dispute de couple.
Dans une comparution immédiate, le temps manque toujours.
Mais il faut pourtant arriver Ă lâaudience avec une connaissance presque chirurgicale du dossier.
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Le cabinet intervenait aux cÎtés de la personne victime, constituée partie civile.
Des conclusions ont Ă©tĂ© prĂ©parĂ©es et transmises au tribunal avant lâaudience, avec les piĂšces utiles, afin que les juges puissent disposer dâune lecture structurĂ©e du dossier.
Ă lâaudience, les questions prĂ©parĂ©es ont permis de confronter la version du prĂ©venu aux Ă©lĂ©ments objectifs de la procĂ©dure.
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Il ne sâagissait pas dâajouter du bruit au bruit.
Il sâagissait de remettre de lâordre.
De distinguer ce qui était reconnu de ce qui était minimisé.
Ce qui était contesté de ce qui était corroboré.
Ce qui relevait dâun rĂ©cit isolĂ© de ce qui Ă©tait confirmĂ© par les piĂšces.
Ce travail dâurgence repose aussi sur une mobilisation collective : celle de lâĂ©quipe du cabinet, dans lâanalyse du dossier et la prĂ©paration de lâaudience, et celle des proches soutenants, indispensables dans ces heures oĂč il faut Ă la fois se protĂ©ger, comprendre et tenir.
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Il y a, dans une audience, une dignité qui ne se proclame pas.
Elle se voit dans la maniĂšre de se tenir, dâĂ©couter, de rĂ©pondre, de ne pas se laisser rĂ©duire Ă ce que lâon a subi.
Ma cliente est venue demander que les faits soient reconnus, que sa parole soit entendue et que sa protection soit assurée.
Par sa tenue, du début à la fin de la procédure, ma cliente rappelait déjà une chose essentielle :
une victime nâest jamais seulement ce qui lui est arrivĂ©.
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Le tribunal a déclaré le prévenu coupable.
Il a retenu deux circonstances aggravantes :
Ce ne sont pas seulement des mots de droit.
Ce sont des mots qui disent que la violence nâĂ©tait pas un accident domestique, pas une scĂšne confuse, pas une dispute qui aurait mal tournĂ©.
La victime a obtenu lâindemnisation de ses prĂ©judices corporel, moral et matĂ©riel, ainsi quâune indemnitĂ© au titre de ses frais de dĂ©fense.
Des obligations et interdictions ont Ă©galement Ă©tĂ© prononcĂ©es afin dâencadrer la situation aprĂšs lâaudience.
Parce quâune dĂ©cision pĂ©nale ne doit pas seulement regarder ce qui sâest passĂ©.
Elle doit aussi empĂȘcher que cela recommence.
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Dans les dossiers de violences conjugales, le jugement nâest pas une fin.
Câest parfois seulement le dĂ©but dâun autre temps : celui oĂč il faut vĂ©rifier que la dĂ©cision est comprise, respectĂ©e, exĂ©cutĂ©e, rĂ©agir immĂ©diatement en cas de reprise de contact, s'assurer que ls dommages et intĂ©rĂȘts ne restent pas des lignes d'un jugement...
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Au fond, une procédure pénale ne répare pas tout.
Mais elle peut reconnaĂźtre.
Elle peut protéger.
Elle peut poser une limite.
Et parfois, cette limite est le premier endroit Ă partir duquel une victime peut recommencer Ă respirer.
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Le cabinet accompagne les victimes de violences conjugales et de violences intrafamiliales devant les juridictions pénales, notamment à Lille, en comparution immédiate comme dans les procédures correctionnelles ou criminelles plus longues.
Lire lâarticle de La Voix du Nord
Pour en savoir plus :
accompagnement des victimes de violences conjugales Ă Lille
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